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Eugenio Montale: I Limoni Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Ascoltami, i poeti laureati
si muovono soltanto fra le piante
dai nomi poco usati: bossi ligustri o acanti.
lo, per me, amo le strade che riescono agli erbosi
fossi dove in pozzanghere
mezzo seccate agguantanoi ragazzi
qualche sparuta anguilla:
le viuzze che seguono i ciglioni,
discendono tra i ciuffi delle canne
e mettono negli orti, tra gli alberi dei limoni.

Meglio se le gazzarre degli uccelli
si spengono inghiottite dall'azzurro:
più chiaro si ascolta il susurro
dei rami amici nell'aria che quasi non si muove,
e i sensi di quest'odore
che non sa staccarsi da terra
e piove in petto una dolcezza inquieta.
Qui delle divertite passioni
per miracolo tace la guerra,
qui tocca anche a noi poveri la nostra parte di ricchezza
ed è l'odore dei limoni.

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s'abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del mondo, l'anello che non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d'intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando il giorno piú languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l'illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rurnorose dove l'azzurro si mostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s'affolta
il tedio dell'inverno sulle case,
la luce si fa avara - amara l'anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limoni;
e il gelo dei cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d'oro della solarità.

Eugenio Montale

Eugenio Montale est le poète génois du « Male di Vivere » (Le mal de Vivre), au quel a été conféré le Prix Nobel de littérature en 1975. Dans cette lyrique, incluse dans le recueil de 1925 Ossi di Seppia (Os de Seiche) image simple et pleine de symbolisme du citron, démêle d'une réalité cruelle, âpre et dénudée mais malgré tout aux tons éclatants et bigarrés.

Eugenio Montale (Genova 1896 - Milano 1981)

En mauvaise santé et au caractère abrupt, Montale cultive depuis tout jeune la passion pour la littérature, la poésie et le chant. Après la guerre de 1917 il lie des rapports avec des écrivains qui fréquentent le Caffè Diana a Gênes ainsi qu'avec le groupe de Piero Gobetti de Turin, qui pendant les années vingt, se mettent en contradiction au futurisme, au d'Annunzianisme et à toute la culture du fascisme en général. En 1925 il publie justement pour les éditions de Gobetti, son premier livre de poèmes, Ossi di seppia (Os de sèche), il signe le manifeste antifasciste de Croce et publie dans la revue milanaise  « L'esame » (L'examen) un article en l'honneur de Italo Svevo. L'année suivante il lie d'amitié avec Saba et le poète américain Ezra Pound et commence depuis lors à élargir ses intérêts vers la littérature anglo-saxon et européenne. En 1927, il commence à travailler à Florence pour les éditions Bemporad où il connaît Drusilla Tanzi, sa compagne de vie qu'il n'épousera qu'en 1962, et deviendra un des principaux protagonistes de la vie intellectuelle florentine : il fréquente le café des hermétiques Le Giubbe Rosse et lie d'amitié avec les plus grands écrivains italiens de cette époque (Vittorini et Gadda). En '39 il publie son deuxième recueil de poèmes, Le occasioni  (Les occasions). En '43, à Lugano, il parvient à publier un petit volume qui a été exporté clandestinement en Suisse, Finisterre. Après la guerre il s'inscrit à son parti et fonde avec Bonsanti et Loira le bimensuel « Il Mondo ». Mais son idéal d'une Italie libérale et européenne a été vite déçu et c'est à partir de ce moment-là qu'il mit fin à sa vie politicienne.

En '48 sa vie change totalement. Il commence à travailler à Milan ( la ville où il expirera) comme journaliste et critique littéraire au Corriere della Sera et publie des œuvres d'actualité culturelle et politique, des critiques musicales, des reportages sur des voyages autour du monde et des récits brefs recueillis, par la suite, dans le volume Farfalla di Dinard (Papillon de Dinard), en 1958. En '56, il publie la « bufera e altro » son troisième recueil de poèmes concernant les années de guerre et d'après guerre.

Dans le années Cinquante et soixante il est désormais considéré le plus grand poète italien vivant, modèle d'une culture laïque et libérale, et après avoir été nommé  sénateur inamovible en 1967, c'est en 1975 que lui sera consacré le prix Nobel de littérature. Autres publications : les réflexions de « Auto da fè (1966, Trentadue variazioni (1973) et, après une période de silence poétique, Satura (1971), Diario (Carnet) de 1971 et 1972 (1973) et Quaderno di quattro anni (1977). En 1980 une édition critique de toute son Oeuvre en vers est publiée, ce qui est exceptionnel pour la contemporanéité d'un être vivant. Il vivra presque toute sa vieillesse dans un appartement a Milan, où il expirera en 1981.

 
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